Dernière mise à jour : 4 août 2026
Formation MiFID II : ce qu’exige la CNMV et comment l’attester
L’exigence de connaissances et de compétences est l’une des rares obligations de MiFID II qui se vérifie personne par personne. Son origine se trouve dans les orientations de l’ESMA en la matière et sa concrétisation espagnole dans le Guide technique 4/2017 de la CNMV, qui indique le contenu et les heures exigibles pour celui qui informe et celui qui conseille. Ce qui est examiné n’est pas la bonne volonté de l’entité en matière de formation, mais sa capacité à démontrer, avec des documents et des dates, que chaque personne qui traite avec les clients est qualifiée pour la fonction qu’elle exerce réellement.
Informer ou conseiller : le classement dont tout dépend
Tout le système repose sur une distinction simple à énoncer et difficile à appliquer. Informer, c’est expliquer les caractéristiques, les risques et les coûts d’un produit sans orienter le client vers un produit en particulier. Conseiller, c’est émettre une recommandation personnalisée sur un instrument déterminé pour ce client, ce qui déclenche le test d’adéquation et le niveau d’exigence le plus élevé. La frontière n’est tracée ni par le poste ni par la carte de visite : elle l’est par ce qui se passe dans l’échange. Un commercial qui « se contente d’informer » mais finit par suggérer le fonds qui convient au client est en train de conseiller, et l’entité répond de sa qualification pour le faire. C’est pourquoi le premier livrable de ce travail n’est pas la formation, mais une cartographie des fonctions avec des critères écrits, vérifiée sur des cas réels et appliquée aussi au réseau d’agences, à l’accueil téléphonique et à ceux qui assurent le suivi de portefeuille. Bien classer réduit le coût — tout le monde n’a pas besoin du niveau maximal — et élimine le constat le plus fréquent : des personnes classées en dessous de ce qu’elles font.
Heures indicatives, titres vérifiés et équivalences
Le Guide technique 4/2017 de la CNMV établit une orientation générale de 80 heures de formation pour le personnel qui se limite à informer et de 150 heures pour celui qui conseille, ainsi qu’une formation continue annuelle pour les deux catégories. Ce sont des repères de contenu et d’effort, pas un péage : l’essentiel est que les matières couvrent les produits que votre entité commercialise et le type de client qu’elle sert, et qu’une évaluation atteste que la formation a été assimilée. Pour faciliter la mise en conformité, la CNMV publie une liste de titres et certificats vérifiés, qui est la voie la plus simple puisque leur contenu a déjà été contrôlé ; vous pouvez la consulter sur notre page certifications MiFID II. Ce n’est pas la seule voie : d’autres formations équivalentes sont possibles, à condition que l’entité documente les contenus, les heures, l’évaluation et le responsable, et puisse défendre les raisons pour lesquelles elle considère la qualification comme attestée. Et pour celui qui ne l’a pas encore, il est possible de travailler sous la supervision de personnel qualifié pendant une période limitée, avec désignation écrite et registre des contrôles.
Formation continue : le plan annuel et sa preuve
La qualification initiale ouvre la porte ; ce qui la maintient, c’est la formation continue annuelle. Un plan utile présente quatre caractéristiques. Il est approuvé par l’organe compétent au début de l’exercice, et non improvisé en décembre. Il est lié à la réalité de l’année : nouveaux produits, changements réglementaires, constats de l’audit interne, réclamations reçues, incidents de la fonction de conformité. Il est évalué, car une présence sans preuve d’assimilation n’atteste aucune connaissance. Et il est enregistré : convocations, listes de présence, supports et évaluations archivés de façon récupérable par personne et par exercice. La conclusion naturelle est un bref rapport d’exécution à l’organe d’administration, qui consigne au procès-verbal ce qui avait été planifié, ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Ce document transforme une liste de cours en système, et il démontre que l’entité surveille sa propre qualification au lieu de compter sur le fait que personne ne posera la question.
Le dossier que l’on présente et ce qui est en jeu
Lorsque la CNMV aborde ce sujet, la question est toujours la même : montrez-moi qui conseille aujourd’hui et ce que chacun atteste. La réponse utile est une matrice du personnel vivante — personne, fonction, titre, date, heures, évaluation, formation continue — appuyée sur un dossier individuel qui survive au départ de l’employé. Sans cela, chaque demande d’informations devient une recherche dans des dossiers personnels et des courriels des RH, et cette recherche constitue déjà, en soi, un constat. Il convient en outre de ne pas confondre ce volet avec l’honorabilité et la compétence des dirigeants, qui évalue ceux qui dirigent l’entité selon d’autres critères et dans un autre dossier, ni avec la formation annuelle en matière de lutte contre le blanchiment, qui se planifie conjointement mais s’atteste à part, comme nous l’expliquons dans formation obligatoire en matière de blanchiment de capitaux. Les manquements en matière de conduite relèvent du régime de sanctions de la réglementation des marchés de valeurs, avec des infractions mineures, graves et très graves. Si vous voulez savoir si votre système s’applique réellement, la voie est un audit MiFID II.
Ce contenu a un caractère informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les textes cités ont pu être modifiés après la date de mise à jour indiquée : vérifiez toujours la version en vigueur ou consultez-nous pour analyser votre cas précis.
Guide technique 4/2017
MiFID II
ESMA
CNMV
Formation continue
Certifications
Réseau commercial