Le régime de sanctions de la loi 6/2023 : infractions, procédure et défense
La loi 6/2023 du 17 mars sur les marchés de valeurs et les services d’investissement articule le pouvoir de sanction de la CNMV autour d’un catalogue d’infractions légères, graves et très graves qui va des simples défauts formels de reporting à la fourniture de services d’investissement sans agrément. Les conséquences vont bien au-delà de l’amende : blâme public, suspension ou inhabilitation à exercer des fonctions d’administration et de direction, retrait de l’agrément et publication des sanctions, avec le dommage réputationnel que cela implique. Comprendre le régime —et la procédure par laquelle il s’applique— est la base de toute défense.
Les trois niveaux d’infraction, sans chiffres et avec discernement
Plutôt que de mémoriser des montants, mieux vaut comprendre la logique des niveaux. Les infractions très graves sanctionnent les conduites qui portent atteinte à la confiance dans le marché : opérer sans licence —l’activité réservée—, l’abus de marché, les manquements massifs au préjudice des investisseurs ou l’entrave à l’inspection. Les infractions graves regroupent les défaillances importantes en matière de conduite, d’organisation, de reporting ou de publicité ; les légères, les manquements ponctuels sans préjudice appréciable. La frontière entre les niveaux se décide selon les circonstances —répétition, ampleur, dommage—, et c’est là qu’une défense technique fait la différence.
Graduation, publication et conséquences accessoires
Au sein de chaque niveau, la sanction concrète est graduée selon des critères tels que le bénéfice obtenu, le préjudice causé, la durée de la conduite, la coopération avec le superviseur ou les mesures correctrices adoptées : c’est le terrain où les faits postérieurs à l’infraction peuvent encore changer le résultat. À l’amende peuvent s’ajouter des conséquences accessoires —blâme public, suspension ou inhabilitation à exercer des fonctions, retrait de l’agrément— et la publication de la sanction, qui fait de la procédure un fait public avec des effets sur les clients, les contreparties et le financement. Une défense complète travaille les trois plans à la fois : montant, accessoires et réputation.
La procédure : phases et fenêtres d’opportunité
La procédure suit une séquence reconnaissable : actions préalables, acte d’ouverture, instruction avec observations et preuves, notification des griefs, proposition de décision avec audition et décision finale, susceptible de recours par la voie administrative puis contentieuse. Chaque phase a sa fonction et sa fenêtre : les preuves se proposent à l’instruction, la graduation se joue avec une remédiation documentée et l’audition finale n’est pas le moment d’inaugurer de nouveaux arguments. En outre, la réglementation administrative prévoit dans certains cas des modes de terminaison liés à la reconnaissance ou au paiement volontaire, dont l’opportunité suppose de calculer les effets sur les faits établis, les fonctions et la publicité.
La meilleure défense commence avant la procédure
Presque toutes les procédures de sanction naissent d’une action de supervision : une demande d’informations traitée avec des contradictions, une inspection qui a trouvé des politiques non appliquées, un schéma de réclamations négligé. C’est pourquoi la prévention la plus rentable consiste à bien gérer la phase de supervision et d’inspection de la CNMV et à maintenir un contrôle interne qui fonctionne, et non qui décore. Lorsque la procédure existe déjà, notre conseil juridique assure la défense intégrale de l’entité et des dirigeants, de la première lecture de l’ouverture jusqu’au dernier recours.
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