Conseil en investissement sans agrément : pouvez-vous conseiller sans être EAF ?

Cela dépend de ce que vous faites exactement. La recommandation personnalisée portant sur des instruments précis est une activité réservée ; la formation et l’analyse générique ne le sont pas. Nous vous aidons à vous placer du bon côté de la ligne et, si vous l’avez franchie, à obtenir l’agrément ou le montage qui vous permettra de poursuivre.

Un doute : votre activité exige-t-elle un agrément ?

Dites-nous ce que vous faites (contenus, mentorat, signaux, application) et nous vous indiquons si vous êtes en zone réservée et quelle voie vous convient.

  • +50 entités conseillées
  • Réponse sous 24 h
  • Sans engagement
Capital de l’EAFN
50 000 €
Capital de l’EAF
75 000 €
Délai maximal de la CNMV
Jusqu’à 6 mois
Texte de référence
Loi 6/2023

Qui nous pose cette question chaque semaine

Les profils sont très variés, mais l’analyse est toujours la même : y a-t-il une recommandation, est-elle personnalisée et porte-t-elle sur des instruments précis ?

Créateur de contenu

Le canal qui commence à brasser l’argent des autres

« Ma communauté a grandi et on m’écrit maintenant en privé pour savoir dans quoi investir. Tant que je parlais de concepts, j’étais libre ; dès que je réponds à chacun selon son cas, je marche sur une activité réservée. »

Ex-banquier

Le professionnel qui oriente ses connaissances

« J’ai quitté l’établissement et plusieurs clients continuent de me demander mon avis sur leurs portefeuilles. Même sans signer de contrat ni percevoir de commission, leur recommander des fonds précis selon leur profil, c’est du conseil : soit je deviens EAFN, soit j’arrête. »

Mentor financier

Le coach en séances individuelles

« Je vendais des mentorats d’“éducation financière”, mais pendant les séances nous finissions par choisir des ETF pour chaque élève. Cette nuance change tout : la formation est libre, la sélection personnalisée de produits ne l’est pas. »

Fondateur digital

L’application qui classe les produits par utilisateur

« Notre algorithme montrait à chaque utilisateur les fonds “les plus adaptés pour vous”. Nous pensions avoir un moteur de recherche ; l’analyse réglementaire a conclu autrement : personnalisation plus instrument précis, c’est du conseil, avec ou sans humains. »

Trois mirages qui finissent en procédure de sanction

La plupart de ceux qui franchissent la ligne ne pensaient pas le faire. Voici les trois illusions les plus fréquentes et pourquoi elles ne tiennent pas.

« Un disclaimer suffit » : écrire « ceci n’est pas une recommandation » ne change pas la nature de ce que vous faites. Si le message est présenté comme adapté à son destinataire et désigne des instruments précis, c’est du conseil, quoi que dise la mention en bas de page.

« Je ne suis pas payé, donc je ne compte pas » : la monétisation indirecte (abonnements, affiliation, mentorats, visibilité professionnelle) relève de la prestation professionnelle du service. Et l’activité réservée ne disparaît pas parce que l’on facture peu ou que l’on est payé en nature.

« Je suis petit, personne ne regarde » : la CNMV surveille activement le périmètre — y compris par des avertissements publics visant les entités non agréées — et les dénonciations de followers ou de concurrents arrivent d’elles-mêmes. Fournir des services d’investissement sans agrément est une infraction très grave.

La frontière pratique : le libre, le réservé et la zone grise (avec le critère pour les distinguer)
Ce que vous pouvez faire sans agrément Ce qui exige un agrément Zone grise : le critère
Formation financière : cours, ateliers et vulgarisation qui expliquent des concepts, des classes d’actifs ou le fonctionnement d’un produit, sans descendre au cas de quelqu’un. Recommander à un élève, en cours ou en tutorat, quel instrument précis acheter ou vendre en fonction de sa situation personnelle. Les « portefeuilles modèles » dans les formations : légaux s’ils sont illustratifs et génériques ; réservés s’ils sont ajustés au profil de chaque élève. Critère : l’exemple resterait-il identique avec un autre élève en face ?
Analyses et contenus génériques : newsletters, vidéos ou rapports diffusés au grand public, sans viser la situation d’un destinataire déterminé. Répondre en privé « pour vous, avec votre profil, j’achèterais X » : recommandation personnalisée sur un instrument précis, au cœur de l’activité réservée. Canaux payants de « signaux » ou d’« opérations de la semaine » : plus le groupe est segmenté et le message directement exploitable, plus on s’approche du périmètre réservé. Critère : le message est-il présenté comme adapté à celui qui le reçoit ?
Information objective : décrire les caractéristiques, les coûts ou les risques d’un produit à celui qui pose la question, sans porter de jugement sur son adéquation pour cette personne. L’accompagnement continu d’un investisseur, en décidant avec lui achats et ventes selon ses objectifs : du conseil à part entière, qu’on l’appelle mentorat ou coaching. Séances individuelles de « finances personnelles » : libres tant qu’elles portent sur les habitudes et la planification ; réservées dès qu’elles sélectionnent des instruments pour le client. Critère : la séance se termine-t-elle par des noms précis de produits ?

Savoir où vous en êtes vaut mieux qu’une mauvaise surprise

Lors d’une séance de diagnostic, nous analysons votre activité réelle — contenus, messages, monétisation, outils — et nous vous disons par écrit si vous êtes dans le périmètre réservé, comment en sortir et quelle voie vous convient : protocole éditorial, contrat d’agence ou votre propre EAFN ou EAF.

Conseiller sans agrément : questions fréquentes

Qu’est-ce qui est considéré comme du conseil en investissement ?

La recommandation personnalisée portant sur des instruments financiers précis : dire à une personne déterminée, en fonction de sa situation ou en le lui présentant comme adapté, d’acheter, de vendre ou de conserver un instrument identifié.

Elle se décompose en trois éléments qui doivent être réunis : (1) une recommandation — et non une simple information —, (2) personnalisée — adressée à une personne précise en raison de sa situation — et (3) portant sur des instruments financiers déterminés. Si l’un des trois manque, il n’y a pas de conseil au sens de MiFID.

Puis-je donner des cours d’investissement ou d’éducation financière ?

Oui. La formation financière n’est pas un service d’investissement : vous pouvez enseigner le fonctionnement des marchés, ce qu’est un fonds indiciel ou comment analyser une action, et être rémunéré pour cela.

La ligne se franchit dans la salle de cours, pas dans le programme : lorsqu’un élève expose son cas et que vous lui indiquez quel produit précis lui convient, vous êtes passé de la formation au conseil. La pratique prudente consiste à travailler toujours avec des exemples génériques et illustratifs et à renvoyer les questions personnelles vers des entités agréées.

Un disclaimer du type « ceci n’est pas un conseil » me protège-t-il ?

Non. La qualification juridique dépend de ce que vous faites, pas de ce que vous déclarez : si le contenu de votre message est une recommandation personnalisée sur des instruments précis, la mention légale n’en change pas la nature.

Les disclaimers ont leur utilité pour des contenus réellement génériques, comme rappel honnête qu’on n’évalue la situation de personne. Utilisés pour envelopper des recommandations sur mesure, non seulement ils ne protègent pas, mais ils prouvent que vous saviez où passait la ligne.

Que risque-t-on en conseillant sans autorisation ?

Fournir des services d’investissement sans autorisation — le conseil en est un — constitue une infraction très grave au regard de la loi 6/2023. Le régime de sanctions prévoit, selon le cas, des amendes, un blâme public et des interdictions d’exercer, sans compter l’éventuel avertissement public de la CNMV vous désignant comme entité non agréée.

S’y ajoutent les conséquences civiles à l’égard des clients qui perdraient de l’argent en suivant vos recommandations et le tort causé à tout futur projet d’agrément. Si vous avez déjà reçu une demande d’informations, consultez les sanctions de la CNMV et appelez-nous avant de répondre.

Puis-je faire payer une newsletter ou un canal d’analyse ?

En règle générale, oui, tant que le contenu est générique et diffusé à une pluralité de destinataires, sans s’ajuster à la situation de chaque abonné. Faire payer ne transforme pas l’analyse en conseil ; la personnaliser, si.

Gardez aussi à l’esprit que les recommandations diffusées au public sur des valeurs peuvent constituer des recommandations d’investissement au sens de l’art. 20 du règlement sur les abus de marché (MAR), avec des obligations d’objectivité et de déclaration des conflits d’intérêts. Les guides de la CNMV de juin 2026 sur les finfluenceurs délimitent précisément ces deux plans.

Et si je deviens agent d’un établissement agréé ?

C’est la voie intermédiaire : vous agissez pour le compte d’une ESI ou d’un établissement de crédit déjà agréé, sous son égide, sa supervision et sa responsabilité, après inscription aux registres officiels des agents.

Elle vous permet de travailler avec des clients dès le premier jour sans monter votre propre structure réglementée, en contrepartie d’une exclusivité et du respect de la gamme et des règles de l’établissement. Nous expliquons comment s’articulent le contrat et l’inscription dans agent lié.

Quel est l’agrément minimal pour conseiller à mon compte ?

Pour conseiller uniquement en Espagne, l’EAFN : capital de 50 000 €, remplaçable par une assurance de responsabilité civile professionnelle ou une combinaison des deux. Pour conseiller avec le passeport européen, l’EAF, avec un capital initial de 75 000 €.

Dans les deux cas, l’autorisation est instruite par la CNMV, avec un délai général de décision pouvant aller jusqu’à 6 mois à compter de la complétude du dossier. Le parcours complet — statut, dossier, politiques — figure dans comment créer une EAF et dans l’autorisation de l’EAFN.

Je fais du contenu financier sur les réseaux : suis-je concerné ?

Oui, sur deux plans. D’abord celui de l’activité réservée : si vous passez du contenu générique à la réponse à des cas particuliers avec des produits précis — en commentaires, en direct ou en messages privés —, vous faites du conseil sans agrément. Ensuite celui du marché : vos publications peuvent être des communications publicitaires ou des recommandations d’investissement soumises à MAR, avec ses règles de transparence.

La CNMV a publié en juin 2026 des guides spécifiques sur les finfluenceurs et à leur intention, qui distinguent publicité, recommandation d’investissement et conseil. Si vous vivez de votre audience financière, mieux vaut les lire avec un avocat à vos côtés.

De la zone grise à une activité défendable

Notre objectif n’est pas de vous faire peur : c’est que vous sachiez exactement ce que vous faites, quelle partie nécessite une couverture et comment l’obtenir sans démanteler votre activité.

Phase 1

Radiographie de votre activité

Nous auditons ce que vous faites réellement : contenus publiés, messages privés, séances, monétisation et outils. Sur chaque élément, nous appliquons le triple test : recommandation ? personnalisée ? instrument précis ?

Phase 2

Choix de la voie

Avec la cartographie sous les yeux, vous décidez : vous replier sur le générique avec un protocole éditorial solide, opérer comme agent d’un établissement agréé, ou demander votre propre agrément (EAFN nationale ou EAF avec passeport).

Phase 3

Mise en œuvre et sécurisation

Nous mettons en place la voie choisie : cessation de l’activité réservée, signature et inscription de l’agence ou dépôt du dossier auprès de la CNMV, et documentation de la frontière pour qu’elle soit défendable dans le temps.

Autodiagnostic et régularisation en 10 étapes

  1. Faites l’inventaire de votre activité : listez tout ce que vous proposez aujourd’hui : cours, newsletter, communauté, séances, signaux, application ; sans rien maquiller.
  2. Passez en revue les canaux privés : les messages privés, e-mails et petits groupes sont presque toujours là où se cache le conseil déguisé ; lisez-les avec les yeux d’un superviseur.
  3. Examinez votre monétisation : identifiez ce que vous facturez et pour quelle raison exacte : l’abonnement à des « portefeuilles » personnalisés en dit plus que n’importe quel site web.
  4. Appliquez le triple test : pour chaque élément : y a-t-il recommandation ? s’adresse-t-elle à quelqu’un en raison de sa situation ? désigne-t-elle des instruments précis ? Trois oui = activité réservée.
  5. Séparez le plan MAR : même si votre contenu est générique, si vous diffusez des recommandations sur des valeurs, respectez les obligations d’objectivité et de conflits d’intérêts de l’art. 20 MAR.
  6. Choisissez votre voie : contenus génériques, agence avec un établissement agréé ou agrément propre : décidez en fonction du modèle de revenus futur, pas seulement de celui d’aujourd’hui.
  7. Si vous choisissez les contenus : adoptez un protocole éditorial : ce qui est publié, ce à quoi l’on répond et ce que l’on renvoie ; formez votre équipe et vos modérateurs.
  8. Si vous choisissez l’agence : négociez le contrat avec l’établissement, délimitez responsabilité et exclusivité et inscrivez-vous aux registres des agents.
  9. Si vous choisissez l’agrément : préparez le dossier d’EAFN ou d’EAF : capital, programme d’activités, politiques MiFID II et LCB-FT devant la CNMV.
  10. Documentez la transition : cessez l’activité réservée à une date certaine et conservez les preuves du changement : c’est votre meilleure défense si quelqu’un regarde en arrière.

Si vous optez pour l’agrément propre, poursuivez avec comment créer une EAF ; si vous préférez le canal de l’agence, commencez par agent lié.

Ressource gratuite · PDF

Téléchargez la checklist EAF en 10 étapes

Les 10 étapes pour constituer votre société de conseil financier (EAF) auprès de la CNMV, avec la preuve que vous devez pouvoir présenter à chaque étape. À garder sous la main pendant tout le projet.

  • Les 10 étapes, de l’idée à l’agrément
  • La preuve qu’attend la CNMV à chaque étape
  • Tableau comparatif : EAFN, EAF et agencia de valores
  • PDF professionnel · 5 pages · 11 Ko

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Dictionnaire opérationnel

Les concepts qui délimitent la frontière

Neuf notions qui séparent la vulgarisation libre du service réservé. Quiconque vit d’orienter des investisseurs devrait toutes les maîtriser.

ConseilRéservé

Conseil en investissement

Recommandation personnalisée portant sur des instruments financiers précis. Service d’investissement réservé aux entités agréées.

Exige le test d’adéquation (art. 25 MiFID II).
Recommandation personnaliséeCritère

L’élément décisif

Celle qui s’adresse à une personne déterminée en fonction de sa situation ou qui lui est présentée comme adaptée. Sans ce trait, il n’y a pas de conseil.

La diffusion générale au public est exclue.
Instrument précisCritère

Un nom, une référence

La recommandation doit porter sur des instruments financiers déterminés. Suggérer « plus d’actions » est générique ; suggérer un fonds identifié, non.

Classes d’actifs génériques ≠ instruments.
Activité réservéeLoi 6/2023

Entités agréées uniquement

Les services d’investissement ne peuvent être fournis qu’avec agrément. Les exercer sans agrément est une infraction très grave, avec un possible avertissement public de la CNMV.

Peu importe que l’on soit payé beaucoup ou peu.
Formation financièreLibre

Enseigner n’est pas recommander

Cours et vulgarisation sur les concepts, les marchés et les produits dans l’abstrait. Activité libre tant qu’elle ne descend pas au cas d’un élève précis.

L’exemple doit valoir pour n’importe quel élève.
Information objectiveLibre

Des données sans jugement d’adéquation

Décrire les caractéristiques, les coûts ou les risques d’un produit sans apprécier s’il convient à celui qui pose la question. Informer est libre ; prescrire, non.

La limite : « est-ce bon pour moi ? ».
Recommandation d’investissementMAR

L’autre régime à surveiller

Les recommandations diffusées au public sur des valeurs (art. 20 MAR) exigent objectivité et déclaration des conflits d’intérêts, même sans être du conseil.

Guides CNMV sur les finfluenceurs : juin 2026.
Agent liéAlternative

Opérer sous l’agrément d’un autre

Personne qui agit pour le compte d’une entité agréée, inscrite aux registres officiels. L’entité répond de son action et la supervise.

Voie rapide pour travailler avec des clients.
EAFNAlternative

L’agrément d’entrée

Statut national de conseil créé par la loi 6/2023 : capital de 50 000 € ou assurance de RC professionnelle. Sans passeport européen.

Pour s’étendre à l’UE : EAF (75 000 €).
Playbook par activité

Modèle par modèle : où se situe votre limite et comment rester du bon côté

Votre activité
Où se situe la limite
Comment rester du bon côté de la loi

Cours et formation

Le programme est libre ; le tutorat qui descend au cas de l’élève avec des produits précis, non.

Exemples illustratifs valables pour tout élève, politique de « pas de consultations personnelles » et renvoi vers des entités agréées.

Newsletter et canaux publics

L’analyse diffusée en général est libre ; la réponse privée ajustée à l’abonné, non. Et le public peut déclencher MAR.

Contenu identique pour toute l’audience, obligations d’objectivité et de conflits d’intérêts de l’art. 20 MAR couvertes, et modération formée.

Séances individuelles

Planification, habitudes et méthode sont libres ; sélectionner des instruments pour le client selon son profil, c’est du conseil.

Trame de séance documentée qui exclut la sélection de produits, avec renvoi à la fin si le client le demande.

Communautés payantes et signaux

Plus le groupe est segmenté et le message exploitable et « pour vous », plus on se rapproche de la recommandation personnalisée.

Messages génériques sans ajustement par membre, sans gestion de portefeuilles de fait et avec une revue juridique périodique du format.

Applications et outils numériques

Un moteur de recherche neutre est de l’information ; un classement « adapté pour vous » selon le profil de l’utilisateur est du conseil automatisé.

Analyse réglementaire documentée de l’algorithme et, s’il personnalise sur des instruments précis, agrément propre ou accord avec une ESI.

Signes que vous êtes déjà dans le périmètre réservé

Si vous vous reconnaissez dans l’un d’eux, ce n’est pas une question théorique : il est temps d’arrêter cette pratique et de choisir une voie avec un conseil juridique.

  • Vous répondez à des messages privés du type « avec mon argent et mon âge, qu’achèteriez-vous ? » avec des produits précis.
  • Vous facturez un abonnement dont la vraie valeur est que chaque membre sache quoi acheter et quand, selon son niveau ou son portefeuille.
  • Vos séances d’« éducation financière » se terminent systématiquement par une liste de fonds ou de valeurs pour ce client.
  • Votre outil numérique classe ou filtre des instruments selon les données personnelles de l’utilisateur et les lui présente comme les plus adaptés.
  • Vous accompagnez de façon continue les décisions d’achat et de vente de plusieurs personnes, même sans signer de contrat de conseil.

La même frontière, vue sous d’autres angles

La question « ai-je besoin d’un agrément ? » revient à chaque nouveau format : algorithmes, réseaux sociaux, patrimoine familial, publicité. Ces pages appliquent le même critère de la recommandation personnalisée aux scénarios qui nous valent le plus de questions.

La conclusion de votre autodiagnostic ? Si vous avez besoin d’un agrément, poursuivez avec créer une EAF ou l’autorisation de l’EAFN ; si vous préférez l’égide d’une autre entité, avec agent lié ; et si vous vivez de votre contenu, avec finfluenceurs et CNMV.

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Conseiller en investissement sans agrément : la frontière légale, les conséquences et les alternatives

« Puis-je conseiller en investissement sans être EAF ? » est probablement la question que nous recevons le plus de la part de professionnels, de créateurs de contenu et de fondateurs digitaux. Une réponse sérieuse exige de la précision : le conseil en investissement — la recommandation personnalisée portant sur des instruments financiers précis — est un service d’investissement soumis à l’activité réservée en vertu de la loi 6/2023, et le fournir sans autorisation de la CNMV constitue une infraction très grave. Mais autour de ce noyau réservé existe un espace large et parfaitement légal : formation, analyse générique et information objective. Tout se joue dans la capacité à les distinguer.

Ce qui est (et n’est pas) du conseil en investissement

Il y a conseil lorsque trois éléments sont réunis : une recommandation (et non une simple information), personnalisée (adressée à une personne déterminée en raison de sa situation ou présentée comme adaptée à elle) et portant sur des instruments financiers précis (et non des classes d’actifs dans l’abstrait). Sont donc exclus la formation financière avec des exemples génériques, les analyses et contenus diffusés au grand public et l’information objective sur les caractéristiques des produits sans jugement d’adéquation. Celui qui conseille réellement est soumis à MiFID II, à commencer par le test d’adéquation de l’art. 25 avant chaque recommandation.

L’activité réservée et ce que vous risquez en l’ignorant

La loi 6/2023 réserve les services d’investissement aux entités agréées. Exercer le conseil sans agrément est une infraction très grave, avec un régime de sanctions qui prévoit, selon le cas, des amendes, un blâme public et des interdictions d’exercer, ainsi que les avertissements publics de la CNMV sur les entités non agréées — le redouté « chiringuito » désigné nommément —. À la voie administrative s’ajoutent l’exposition civile face à ceux qui ont suivi vos recommandations et perdu de l’argent, et un handicap de réputation qui complique toute autorisation future. Le détail du régime disciplinaire figure dans sanctions de la CNMV.

Le plan parallèle : MAR, publicité et finfluenceurs

Ne pas avoir besoin d’agrément ne signifie pas opérer sans règles. Les recommandations sur des valeurs diffusées au public peuvent être des recommandations d’investissement au sens de l’art. 20 du règlement (UE) 596/2014 (MAR), avec des obligations d’objectivité et de déclaration des conflits d’intérêts ; et la promotion de produits d’investissement est soumise à la réglementation de la publicité, avec la circulaire 2/2020 de la CNMV comme référence. En juin 2026, la CNMV a publié des guides spécifiques sur les finfluenceurs et à leur intention, délimitant communication publicitaire, recommandation d’investissement et conseil : lecture obligatoire pour qui monétise une audience financière.

Trois alternatives légales pour bâtir votre activité

Quiconque veut vivre d’orienter des investisseurs dispose de trois voies saines. D’abord, le contenu générique : formation et analyse non personnalisées, avec un protocole éditorial qui maintient la frontière. Ensuite, devenir agent d’une entité agréée : opérer pour le compte d’une ESI sous son agrément et sa supervision, inscrit aux registres officiels (nous l’expliquons dans agent lié). Enfin, l’agrément propre : EAFN pour conseiller uniquement en Espagne — capital de 50 000 € ou assurance de RC professionnelle — ou EAF avec passeport européen — 75 000 € —, toutes deux autorisées par la CNMV avec un délai général pouvant aller jusqu’à 6 mois une fois le dossier complet. Le parcours figure dans comment créer une EAF.

Loi 6/2023 MiFID II Activité réservée CNMV MAR EAFN Agent lié