ANIFI et SEPBLAC en Espagne : ce qui change pour votre entité

Le SEPBLAC ne disparaît pas : il est intégré. Et la différence entre ces deux affirmations compte bien plus qu’il n’y paraît, car elle détermine ce que vous devez modifier dans votre dispositif de prévention et ce que vous pouvez laisser en l’état. Cette page compare, fonction par fonction, qui fait quoi aujourd’hui et qui le fera demain, et traduit ce changement dans l’activité quotidienne d’une entité assujettie.

Impact sur votre entité

Nous vous répondons en moins de 24 h

Plafond des paiements en espèces AMLR
10 000 €
Publication au JOUE
19 juin 2024
Règlement européen (AMLR)
Règl. 2024/1624
Directive à transposer
Dir. 2024/1640

Intégration, non remplacement

La lecture la plus répandue — « un nouvel organisme arrive » — est inexacte et conduit à préparer ce qui n’a pas lieu d’être. Ce qui se produit est une réorganisation : des fonctions aujourd’hui exercées par trois acteurs distincts sont concentrées dans un seul, qui plus est bâti sur une structure préexistante.

Ce qu’il advient du SEPBLAC

Le SEPBLAC est intégré dans la nouvelle autorité. Sa fonction de cellule de renseignement financier, l’analyse des déclarations et son travail de supervision se poursuivent ; ils changent de titulaire et s’ajoutent à des compétences aujourd’hui détenues par le Trésor et par le ministère.

Aucune déclaration ne reste sans destinataire, et aucun dossier en cours ne se retrouve sans instructeur.

Ce qu’apporte l’ANIFI

Concentration et intensité. Un interlocuteur unique pour déclarer, être supervisé et être sanctionné ; un financement propre par le biais de redevances ; et la capacité d’intervenir directement sur l’activité.

Elle est en outre construite en transformant le FROB, ce qui lui donne une structure dès le premier jour au lieu de devoir la créer.

Parcours d’une déclaration d’opération suspecte, avant et après Comparaison du circuit actuel, avec plusieurs organismes impliqués, et du circuit avec l’ANIFI comme interlocuteur unique. AUJOURD’HUI EntitéSEPBLACSuperviseur MinistèreSanction DéclareAnalyseSectoriel TrancheEst infligée Quatre passages entre organismes différents AVEC L’ANIFI Entité Déclare ANIFI AnalyseSuperviseInspecteSanctionne Un interlocuteur unique du début à la fin de la procédure Moins de passages signifie des dossiers plus rapides, pas nécessairement plus cléments
Figure 1. Le parcours d’une déclaration. La différence n’est pas cosmétique : aujourd’hui, entre le moment où une entité déclare et celui où un éventuel dossier de sanction est tranché, l’affaire change plusieurs fois de mains. La concentration raccourcit ce parcours, ce qui se traduit par des procédures plus rapides.

Qui fait quoi, avant et après

Voici le tableau à garder sous la main lorsque quelqu’un dans l’organisation demande si « c’est désormais un autre qui s’en occupe ». La réponse est presque toujours oui, et presque toujours c’est le même.

Tableau 1 · Répartition des fonctions
FonctionAujourd’huiAvec l’ANIFI
Renseignement financierSEPBLACANIFI, avec davantage de moyens et un accès aux informations de supervision.
Réception des déclarationsSEPBLACANIFI. Le destinataire formel change, pas l’obligation ni son contenu.
Supervision et inspectionSEPBLAC et superviseurs sectorielsANIFI, avec des critères homogènes entre les secteurs.
Proposition de sanctionSEPBLACANIFI, qui tranche en outre.
Décision de sanctionMinistère de l’ÉconomieANIFI. L’étape intermédiaire qui allonge aujourd’hui les dossiers disparaît.
Sanctions financières internationalesTrésor et ministèreANIFI, intégrées à la supervision ordinaire.
Intervention sur l’activitéPratiquement inexistanteANIFI, avec des pouvoirs de suspension et de blocage soumis à un délai.
Résolution bancaireFROBBanque d’Espagne et CNMV, chacune dans son secteur. Le FROB est transformé en ANIFI.
Interlocution européennePlusieurs canauxANIFI comme point unique face à l’autorité européenne de lutte contre le blanchiment.

Tableau établi à partir de l’avant-projet soumis à consultation publique et des informations officielles disponibles. La répartition définitive peut varier au cours de la procédure parlementaire.

Six chantiers pour arriver préparé au changement

Notre recommandation est simple : ne pas se préparer « pour l’ANIFI », mais profiter du changement pour revoir ce qui n’a pas été touché depuis des années. C’est ce qu’un superviseur mieux doté trouvera en premier.

Ce qui change vraiment et ce qui ne change pas du tout

Cette distinction est la clé de toute la préparation. Les obligations de fond — mesures de vigilance, bénéficiaire effectif, conservation, déclaration — proviennent du règlement européen et sont les mêmes avec le SEPBLAC ou avec l’ANIFI. Ce qui change, c’est le cadre institutionnel.

Ce qui change et ce qui ne change pas pour l’entité assujettie Comparaison entre les obligations de fond, qui proviennent du règlement européen, et le cadre institutionnel, qui change avec la nouvelle autorité. NE CHANGE PAS AVEC L’ANIFI · Vigilance à l’égard de la clientèle · Identification du bénéficiaire effectif · Conservation des documents · Devoir de déclarer et de s’abstenir Elles viennent du règlement européen, non de l’organisme CHANGE · Un interlocuteur unique · Celui qui inspecte est celui qui sanctionne · Capacité d’intervenir sur l’activité · Davantage de moyens et financement propre L’examinateur change, pas l’examen
Figure 2. L’examen et l’examinateur. Celui qui prépare le changement d’organisme sans revoir le fond du dispositif prépare ce qui n’a pas lieu d’être ; et celui qui pense pouvoir attendre la loi espagnole pour se conformer au règlement européen arrivera trop tard sur les deux tableaux.
Tableau 2 · Traduction dans l’activité quotidienne
AspectCe que votre entité remarquera
Destinataire des déclarationsL’organisme destinataire change. La procédure interne doit être mise à jour, mais le contenu et les délais de l’obligation ne varient pas pour ce motif.
Fréquence de la supervisionUn organisme disposant d’un financement propre et d’une structure plus importante a une capacité d’inspection supérieure à l’actuelle. Il faut s’attendre à plus d’activité de supervision, non à moins.
Durée des dossiersL’instruction et la décision étant concentrées, les procédures de sanction devraient être plus rapides.
Homogénéité des critèresUn superviseur unique pour tous les secteurs réduit les écarts de critère entre entités assujetties d’activités différentes.
Exigence opérationnelleUne capacité nouvelle apparaît : pouvoir exécuter des ordres de suspension et de blocage dans des délais de quelques jours.
Interlocution européenneLes groupes présents dans plusieurs États membres disposeront d’un point de contact unique avec l’autorité européenne.

Appréciation fondée sur la conception institutionnelle que prévoit l’avant-projet. Elle ne constitue pas une prévision sur l’intensité effective de la supervision, qui dépendra des ressources allouées.

Comment se fait le relais

Cinq jalons entre l’adoption du paquet européen et le moment où la nouvelle autorité sera opérationnelle.

1
Jalon 1 · 31 mai 2024

Adoption du paquet européen

Règlement (UE) 2024/1624, directive (UE) 2024/1640 et règlement (UE) 2024/1620. Publiés au Journal officiel le 19 juin 2024, selon la note du SEPBLAC lui-même.

2
Jalon 2 · 28 juillet 2026

Le Conseil des ministres approuve l’avant-projet

Première lecture du texte qui crée l’ANIFI, intègre le SEPBLAC et transforme le FROB, en confiant à la Banque d’Espagne et à la CNMV la résolution exécutive dans leurs secteurs.

3
Jalon 3 · Jusqu’au 30 septembre 2026

Consultation et information publiques

Procédure ouverte pour présenter des observations auprès du ministère de l’Économie. C’est la fenêtre pour qu’un secteur fasse valoir sa position sur le périmètre, les seuils ou le régime applicable.

4
Jalon 4 · 10 juillet 2027

Application du règlement européen

L’AMLR devient applicable de manière générale, indépendamment de l’état d’avancement de la procédure espagnole. C’est la date qui doit guider la préparation de toute entité assujettie.

5
Jalon 5 · Mise en service effective

L’autorité commence à superviser

Une fois la loi adoptée, la nouvelle autorité assume ses fonctions et commence son activité d’inspection. Les dossiers et les déclarations en cours ne restent pas en suspens : ils changent de titulaire.

Ce qui est en jeu dans le changement

Le risque du relais ne tient pas à la transition administrative, qui se réglera d’elle-même. Il tient à ce qu’un superviseur mieux doté trouvera en regardant de plus près.

Préparer le mauvais changement : consacrer l’effort à mettre à jour le nom du destinataire dans le manuel alors que l’auto-évaluation des risques date d’il y a cinq ans est la façon la plus courante d’arriver mal préparé.

Attendre la loi espagnole : le règlement européen s’applique à partir de juillet 2027 indépendamment de la procédure nationale. Qui attend le BOE arrivera trop tard sur l’obligation de fond et dans l’urgence sur l’obligation institutionnelle.

Un historique désormais lu en entier : avec l’instruction et la décision dans le même organisme, la série complète des déclarations d’une entité est plus facile à analyser. Un schéma de sous-déclaration ne passe plus inaperçu.

CritèresHomogénéisation

Les secteurs habitués à un critère de supervision souple peuvent se retrouver à appliquer le standard de secteurs plus matures, sans transition progressive.

RessourcesPlus d’inspections

Une autorité financée par des redevances dispose d’une capacité d’inspection stable. Il faut s’attendre à davantage d’activité de supervision à l’égard d’entités assujetties qui en font rarement l’objet aujourd’hui.

InterventionNouvelle exigence

La capacité d’exécuter des ordres de suspension et de blocage est une obligation opérationnelle nouvelle que la plupart des entités n’ont jamais testée.

Savez-vous ce que regardera en premier un superviseur mieux doté ?

Nous passons votre dispositif en revue selon les critères que l’on peut attendre du nouveau cadre et nous vous remettons un rapport sur ce qui serait relevé lors d’une inspection, classé par gravité et par effort de correction.

REGULATORY CONTROL CENTER · RELAIS DU SUPERVISEUR

Tableau de bord : que vérifier selon votre secteur

Le changement de superviseur ne pèse pas de la même façon sur toutes les entités assujetties. Ce tableau indique par où il convient de commencer selon le point de départ de chacune.

Priorité de revue par type d’entité assujettie

Repère indicatif pour prioriser le travail et dimensionner l’équipe du projet.

Bloc
Établissement financier
Professionnel ou immobilier
Crypto-actifs et nouveaux assujettis
Manuel et procédures
FaibleDéjà matures
ÉlevéSouvent génériques
MoyenRécentes, sans rodage
Qualité des déclarations
MoyenVolume élevé
ÉlevéSous-déclaration
MoyenSans historique
Capacité d’intervention
MoyenSystèmes propres
ÉlevéSans moyens
ÉlevéIrréversibilité
Relation avec le superviseur
FaibleHabituelle
ÉlevéPremière fois
ÉlevéNouveau périmètre

Six erreurs face au relais

Toutes naissent d’une lecture de la réforme comme un simple changement de sigles plutôt que comme un changement d’exigence.

Erreur 01

Mettre à jour le nom et non le contenu

Remplacer « SEPBLAC » par « ANIFI » dans le manuel ne prépare rien. Ce qu’un superviseur mieux doté relève en premier, c’est l’auto-évaluation des risques obsolète et l’écart entre la procédure écrite et la pratique réelle.

Erreur 02

Attendre la loi espagnole

Les obligations de fond proviennent du règlement européen, qui s’applique à partir de juillet 2027 sans besoin de norme nationale. Attendre le BOE, c’est arriver trop tard sur ce qui est déjà exigible.

Erreur 03

Supposer qu’il y aura un délai de grâce

Un organisme construit sur une structure préexistante et doté d’un financement propre n’a pas besoin de plusieurs années pour commencer à inspecter. La transition institutionnelle ne suspend pas les obligations.

Erreur 04

Ne pas revoir l’historique des déclarations

L’instruction et la décision étant concentrées, la série complète des déclarations d’une entité est plus facile à analyser. Mieux vaut savoir ce que dit cette série avant qu’un autre ne la lise.

Erreur 05

Ignorer la capacité d’intervention

Le pouvoir de suspendre des opérations et de bloquer des comptes est une obligation opérationnelle nouvelle. Aucune entité ne l’a testée, et la tester est rapide et peu coûteux dès maintenant.

Erreur 06

Ne pas participer à la consultation publique

La procédure reste ouverte et c’est elle qui fixe le périmètre, les seuils et le régime de plusieurs secteurs. Pour certains, c’est la seule véritable fenêtre d’influence.

Comment se prépare un changement de superviseur

Trois principes pour que l’effort soit dirigé là où il compte.

Fond

Revoir l’obligation, non l’organisme

Ce qui sera contrôlé, c’est le respect du cadre européen. Le nom du destinataire des déclarations est un détail administratif ; la qualité de l’auto-évaluation des risques, non.

Preuve

Tout ce qui est affirmé doit pouvoir être montré

Formation avec registre, décisions d’admission documentées, analyse des opérations archivée et récupérable. Un superviseur qui dispose de plus de temps examine plus de dossiers.

Capacité

Les procédures doivent fonctionner

Un protocole de blocage que personne n’a jamais exécuté n’est pas une procédure. Le tester, le chronométrer et consigner l’essai dans un procès-verbal, c’est la différence entre en disposer et croire en disposer.

Checklist : 12 points avant le relais

  1. Mettez à jour le destinataire des déclarations dans votre procédure interne lorsque la loi entrera en vigueur.
  2. Vérifiez la date de la dernière mise à jour de votre manuel et de votre auto-évaluation des risques.
  3. Confrontez votre dispositif au règlement (UE) 2024/1624, et pas seulement à la loi 10/2010.
  4. Vérifiez si le paquet européen intègre votre activité dans le périmètre pour la première fois.
  5. Analysez votre historique de déclarations d’opérations suspectes et comparez-le au profil de risque de votre portefeuille.
  6. Vérifiez que l’organigramme du manuel correspond aux personnes qui exercent aujourd’hui ces fonctions.
  7. Examinez un échantillon de dossiers et vérifiez si le bénéficiaire effectif est identifié jusqu’à la personne physique.
  8. Documentez le plan de formation : participants, contenus, évaluation et date.
  9. Testez la capacité d’interrompre une opération en cours et consignez le temps nécessaire dans un procès-verbal.
  10. Définissez l’interlocuteur de l’entité et ce qui se passe si une demande d’informations arrive en dehors des heures de bureau.
  11. Vérifiez que vous pouvez reconstituer le dossier d’une opération datant de trois ans.
  12. Envisagez de présenter des observations dans la consultation publique si elle concerne votre périmètre.

Si vous souhaitez une revue préalable de votre dispositif, consultez nos services LCB-FT ou demandez une consultation gratuite.

Dictionnaire opérationnel

Vocabulaire du relais

Les pièces de la nouvelle carte institutionnelle qu’il ne faut pas confondre.

ANIFIAutorité

Autorité nationale d’intégrité financière

Organisme prévu par l’avant-projet espagnol, qui concentre le renseignement financier, la supervision, l’inspection et le pouvoir de sanction en matière de lutte contre le blanchiment.

Elle intègre le SEPBLAC et transforme le FROB.
SEPBLACAntécédent

Service exécutif de la Commission de prévention du blanchiment

Cellule de renseignement financier et superviseur espagnol actuel. Ses fonctions sont intégrées dans la nouvelle autorité.

Il ne disparaît pas : il change de titulaire.
FROBStructure

Autorité de résolution bancaire

Organisme sur la structure duquel est bâtie la nouvelle autorité, et qui cesse d’exercer la résolution bancaire.

La Banque d’Espagne et la CNMV reprennent cette fonction.
AMLAEurope

Autorité européenne de lutte contre le blanchiment

Organisme créé par le règlement (UE) 2024/1620, avec une supervision directe sur certaines entités et la coordination des autres.

L’ANIFI sera son interlocutrice espagnole.
AMLRNorme

Règlement (UE) 2024/1624

Règlement d’application directe qui harmonise les obligations des entités assujetties. Applicable à partir du 10 juillet 2027.

C’est de là que viennent les obligations de fond.
AMLD6Norme

Directive (UE) 2024/1640

Directive sur les mécanismes que les États membres doivent mettre en place : supervision, registres et coopération. C’est ce que l’Espagne transpose.

C’est de là que sort l’ANIFI.
Cellule de renseignement financierFonction

Analyse des déclarations

Organe qui reçoit et analyse les déclarations d’opérations suspectes et diffuse le renseignement aux autorités compétentes.

Aujourd’hui, c’est le SEPBLAC ; demain, l’ANIFI.
Pouvoir de sanctionFonction

Capacité d’infliger des sanctions

Pouvoir de trancher les dossiers et d’infliger des amendes. Il revient aujourd’hui au ministère ; l’avant-projet le transfère à l’autorité.

Le même organisme instruit et tranche.
RedevancesFinancement

Contribution des entités supervisées

Modèle de financement prévu pour l’autorité, à la charge des établissements financiers et des opérateurs de jeux.

Il détermine sa capacité réelle d’inspection.

ANIFI et SEPBLAC : questions fréquentes

Le SEPBLAC disparaît-il ?

En tant qu’organisme distinct, oui : il est intégré dans la nouvelle autorité. Mais ses fonctions se poursuivent. La cellule de renseignement financier, l’analyse des déclarations et le travail de supervision continuent d’exister au sein d’un organisme plus vaste.

Aucune déclaration ne reste sans destinataire et aucun dossier en cours sans instructeur : ils changent de titulaire.

Dois-je faire quelque chose de différent dans mes déclarations ?

Quant au contenu et aux délais, non : l’obligation de déclarer les opérations suspectes provient du cadre européen et ne change pas avec le relais institutionnel. Ce qu’il faudra mettre à jour, à l’entrée en vigueur de la loi, c’est le destinataire formel dans votre procédure interne.

Cela dit, il convient bien de revoir la qualité de ce qui est déclaré : un organisme doté de plus de moyens analyse des séries complètes, non des déclarations isolées.

Quelle est la différence pratique la plus importante ?

Que celui qui vous inspecte est celui qui vous sanctionne. Aujourd’hui, le SEPBLAC propose et le ministère tranche ; l’avant-projet concentre les deux. Cela devrait se traduire par des procédures de sanction plus rapides.

La seconde différence, et non la moindre, est la capacité d’intervenir sur l’activité par des suspensions et des blocages, qui n’existe pratiquement pas aujourd’hui.

Y aura-t-il plus d’inspections ?

Il est raisonnable de s’y attendre. Une autorité dotée d’une structure plus importante et d’un financement propre par des redevances a une capacité d’inspection stable, contrairement à un service dépendant du budget ordinaire.

L’effet sera plus perceptible dans les secteurs qui font rarement l’objet d’une supervision directe aujourd’hui : professionnels, agences immobilières et les périmètres que le paquet européen intègre pour la première fois.

Quelles nouvelles obligations l’ANIFI m’apporte-t-elle ?

En soi, aucune. Les obligations de fond — mesures de vigilance, bénéficiaire effectif, conservation, déclaration, contrôle interne — proviennent du règlement (UE) 2024/1624, qui s’applique à partir du 10 juillet 2027 indépendamment de la loi espagnole.

La seule exigence réellement nouvelle introduite par l’avant-projet est opérationnelle : pouvoir exécuter des ordres de suspension et de blocage. Nous la traitons dans blocage de comptes par l’ANIFI.

Puis-je attendre la publication de la loi ?

Ce n’est pas recommandé. Le règlement européen s’applique à partir de juillet 2027 quel que soit l’état d’avancement de la procédure espagnole, et le travail de fond — mettre à jour l’auto-évaluation des risques, revoir le manuel, justifier la formation — ne dépend pas du texte final.

Ce travail reste pleinement utile, quels que soient les termes dans lesquels la loi sera adoptée.

Qu’advient-il du FROB ?

Il est transformé. La nouvelle autorité est bâtie sur sa structure, et le FROB cesse d’être l’autorité de résolution bancaire et de gérer des participations publiques. Ces fonctions de résolution passent à la Banque d’Espagne et à la CNMV dans leurs domaines respectifs.

Pour une entité assujettie en matière de blanchiment, cela est indifférent sur le fond, mais explique pourquoi la nouvelle autorité disposera d’une structure dès le premier jour.

Et les superviseurs sectoriels ?

La Banque d’Espagne, la CNMV et la Direction générale des assurances maintiennent leur supervision prudentielle et de conduite. Ce qui est concentré dans la nouvelle autorité, c’est la supervision spécifique de la lutte contre le blanchiment.

L’effet recherché est l’homogénéité : qu’un même manquement reçoive le même traitement quel que soit le secteur de l’entité assujettie.

Comment s’articulera-t-elle avec l’autorité européenne ?

L’ANIFI sera le point unique d’interlocution avec l’AMLA, créée par le règlement (UE) 2024/1620, qui exercera une supervision directe sur certaines entités transfrontalières à haut risque et coordonnera les autres superviseurs nationaux.

Pour les groupes présents dans plusieurs États membres, ce double niveau est pertinent au moment de décider où centraliser la fonction de conformité.

Quand sera-t-elle opérationnelle ?

Il n’y a pas de date arrêtée : l’avant-projet a été approuvé en première lecture le 28 juillet 2026, sa consultation publique reste ouverte, puis viendra la procédure parlementaire.

La date qui, elle, est ferme est celle du règlement européen, le 10 juillet 2027, et c’est elle qui doit guider tout plan d’adaptation.

Sources officielles

Tout ce qui est affirmé sur cette page provient du paquet normatif européen publié ou de documents officiels espagnols en cours d’adoption.

BOE

Règlement (UE) 2024/1624 (AMLR)

Fiche du règlement antiblanchiment européen au Boletín Oficial del Estado (BOE), avec accès au PDF de la publication originale. C’est le texte qui fait entrer le football dans le périmètre des entités assujetties.

boe.es · DOUE-L-2024-80912
SEPBLAC

Publication du paquet législatif européen

Note du superviseur espagnol sur les trois textes publiés au JOUE le 19 juin 2024, avec les nouvelles entités assujetties et le plafond de 10 000 euros pour les paiements en espèces.

sepblac.es · paquet législatif
BOE

Directive (UE) 2024/1640 (AMLD6)

Mécanismes que les États membres doivent mettre en place : supervision, registres et coopération. C’est la pièce que l’Espagne doit transposer.

boe.es · DOUE-L-2024-80913
Ministère de l’Économie

Avant-projet de loi sur les mesures globales en matière de LCB-FT

Page officielle de la procédure d’audition et d’information publique de la réforme espagnole qui crée l’ANIFI et intègre les nouvelles entités assujetties. Contributions jusqu’au 30 septembre 2026.

portal.mineco.gob.es · audiencia pública
La Moncloa

Conseil des ministres du 28 juillet 2026

Référence de l’accord approuvant en première lecture l’avant-projet de réforme globale de la prévention du blanchiment.

lamoncloa.gob.es · Conseil des ministres
BOE

Loi 10/2010 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux

Texte consolidé de la norme espagnole encore en vigueur, que la réforme en cours doit remplacer.

boe.es · BOE-A-2010-6737

Comment cette page est rédigée et mise à jour

Le contenu réglementaire vieillit vite, et un guide obsolète fait perdre du temps à celui qui le suit. C’est pourquoi nous indiquons qui le tient à jour et avec quelle méthode.

Qui l’élabore

Molina Law Boutique, cabinet spécialisé en régulation financière et en lutte contre le blanchiment de capitaux. Nous accompagnons les entités assujetties de tous les secteurs dans leur adaptation au nouveau cadre européen et au relais du superviseur espagnol.

Si vous souhaitez savoir comment cela vous concerne, vous pouvez nous écrire directement.

Avec quelle méthode

Nous partons du paquet normatif européen publié au Journal officiel de l’Union européenne et repris au BOE, de la note du SEPBLAC lui-même sur sa publication et de la documentation officielle de la procédure espagnole.

L’avant-projet qui crée l’ANIFI n’est pas encore du droit en vigueur : son contenu peut changer au cours de la procédure parlementaire.

Historique des mises à jour

  • Publication initiale. Contenu vérifié au regard des fiches du BOE sur le paquet européen, de la note du SEPBLAC du 21 juin 2024, de la page de consultation publique du ministère de l’Économie et de la référence du Conseil des ministres du 28 juillet 2026.
  • Prévue à la clôture de la consultation publique et lorsque le projet de loi sera transmis aux Cortes ou que la norme sera publiée au BOE.

Réserver un appel

Dites-nous quelle est l’activité de votre entité et quand vous avez revu pour la dernière fois votre dispositif de prévention, et nous vous indiquons ce que le relais change vraiment pour vous et par où commencer.

ANIFI et SEPBLAC : ce qui change réellement pour une entité assujettie

La façon dont la réforme a été racontée — « une nouvelle autorité arrive » — est inexacte et conduit de nombreuses entités à se préparer à ce qui n’a pas lieu d’être. Ce qui se produit n’est pas la création d’une couche supplémentaire de supervision, mais une réorganisation : des fonctions aujourd’hui exercées par trois acteurs distincts sont concentrées dans un seul, bâti en outre sur une structure préexistante.

Le circuit actuel et celui qui vient

Aujourd’hui, une déclaration d’opération suspecte suit un chemin à plusieurs étapes : l’entité déclare au SEPBLAC, qui analyse ; la supervision est répartie entre le SEPBLAC lui-même et les superviseurs sectoriels ; la proposition de sanction est formulée par l’un et la décision est rendue par le ministère. Ce parcours explique en grande partie la durée des dossiers. Avec l’ANIFI, la même affaire reste dans un seul organisme du début à la fin. La conséquence prévisible n’est pas que les procédures soient plus clémentes, mais qu’elles soient plus rapides.

Ce qui ne change pas, et c’est presque tout

Il faut le souligner car c’est là que l’on gaspille le plus d’efforts : les obligations de fond ne dépendent pas de l’organisme. Les mesures de vigilance, l’identification du bénéficiaire effectif, la conservation des documents, le devoir de déclarer et celui de s’abstenir proviennent du règlement (UE) 2024/1624, d’application directe et en vigueur à partir du 10 juillet 2027 quel que soit l’état d’avancement de la procédure espagnole. L’examinateur change, pas l’examen.

Ce qui change, et qu’il faut prendre au sérieux

Trois choses. La première : celui qui inspecte est celui qui sanctionne. La deuxième : l’autorité aura un financement propre par des redevances, ce qui se traduit par une capacité d’inspection stable ; il faut s’attendre à davantage d’activité de supervision, en particulier sur des secteurs qui en reçoivent rarement aujourd’hui. Et la troisième, la seule obligation réellement nouvelle : la capacité d’exécuter des ordres de suspension d’opérations et de blocage de comptes dans des délais de quelques jours, ce que pratiquement aucune entité n’a jamais testé.

Que faire du texte encore ouvert

L’avant-projet est en consultation publique jusqu’au 30 septembre 2026, ce qui permet deux choses à la fois. Participer, si le périmètre ou les seuils concernent votre secteur, car c’est la seule véritable fenêtre d’influence. Et avancer sur le travail qui ne dépend pas du texte final : vérifier si le manuel décrit l’entité que vous êtes aujourd’hui, mettre à jour l’auto-évaluation des risques, justifier la formation et s’assurer que les procédures écrites fonctionnent dans la pratique. Rien de tout cela ne devient caduc selon la rédaction finalement adoptée.

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