Anti-blanchiment dans la demande d’agrément en Espagne : le manuel LCB-FT exigé par le superviseur

On le découvre presque toujours trop tard : le dispositif de lutte contre le blanchiment ne se met pas en place après l’agrément, il se dépose dans le dossier de demande et doit être cohérent avec votre programme d’activités, votre plan d’affaires et l’effectif que vous annoncez.

Le manuel LCB-FT vous est demandé pour l’agrément ?

Dites-nous quel agrément vous sollicitez et auprès de quel superviseur. Nous vous indiquons quel dispositif LCB-FT doit figurer dans votre dossier.

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Catalogue des entités assujetties
Art. 2
Identification par vidéo
ETD/465/2021
Registre des bénéficiaires effectifs
RD 609/2023
Volet LCB-FT du dossier
10 étapes

Qui découvre cela en plein milieu du dossier

Quatre conversations que nous avons chaque mois, toujours avec le même point de départ : « nous pensions que la LCB-FT venait après l’agrément ».

EAF et ESI

Le projet de conseil financier

« Nous avions réglé le programme d’activités et l’honorabilité des dirigeants, et on nous réclame un manuel LCB-FT, une auto-évaluation des risques et un représentant auprès du SEPBLAC. Nous n’avons pas écrit une seule ligne de tout cela. »

Établissement de paiement

La fintech qui a déjà un produit

« Notre entrée en relation est entièrement digitale et à distance. Le manuel qu’on nous a remis décrit une agence où les clients viennent signer, ce qui n’a rien à voir avec ce que nous allons faire. »

CASP et crypto

Le projet issu de l’univers VASP

« Nous venions de l’ancien registre et pensions que cela suffisait. On nous demande maintenant un dispositif de prévention complet, avec surveillance des opérations et profils de risque, avant d’autoriser quoi que ce soit. »

Société de gestion de fonds

La petite structure avec de gros investisseurs

« Nous sommes quatre et nous aurons des porteurs de parts internationaux. Il me faut un dispositif proportionné, mais qui résiste à la première question sur le bénéficiaire effectif d’un véhicule étranger. »

Les trois raisons pour lesquelles ce volet suscite des demandes d’informations

Le volet LCB-FT d’un dossier d’agrément est rarement rejeté faute de documents. Il se bloque parce que les documents ne sont pas crédibles.

Le manuel téléchargé : il se repère instantanément. Il mentionne des produits que vous ne proposerez pas, décrit des succursales qui n’existent pas, cite la réglementation d’un autre secteur ou conserve des références qui ne tiennent plus. Un examinateur expérimenté l’identifie en deux pages et lit ensuite le reste du dossier avec méfiance.

Le manuel qui ne cadre pas avec le reste : votre programme d’activités prévoit une acquisition digitale et le manuel décrit une identification en face à face ; votre plan d’affaires parle de clients non résidents et l’auto-évaluation des risques ne les prend pas en compte. L’incohérence interne est le constat le plus facile à relever et le plus coûteux à corriger tardivement.

Les fonctions de façade : désigner comme représentant auprès du SEPBLAC ou membre de l’organe de contrôle interne une personne sans connaissances, sans disponibilité et sans moyens. Le superviseur interroge sur le profil, les fonctions et le temps consacré, et le raccourci s’arrête là.

Ce que le superviseur examine dans chaque pièce LCB-FT et avec quelle partie du dossier elle doit cadrer
Pièce du dossier Ce que le superviseur examine Avec quoi elle doit cadrer
Manuel et procédures LCB-FT Qu’ils décrivent votre activité concrète : produits, canaux d’acquisition, types de clients et juridictions avec lesquelles vous allez travailler. Le programme d’activités et la mémoire du projet : mêmes services, mêmes clients, mêmes canaux.
Auto-évaluation des risques Que l’entité ait analysé son propre risque avant d’opérer, au lieu d’hériter d’une matrice générique issue d’un autre secteur. Le plan d’affaires : volumes prévus, marchés cibles et profil de clientèle attendu.
Organe de contrôle interne et représentant Des personnes identifiées, avec des connaissances et une réelle disponibilité, et un organe dont les fonctions et le fonctionnement sont définis. L’organigramme et les moyens déclarés : sans effectif pour porter la fonction, le volet s’effondre de lui-même.

Votre dossier contient un manuel qui ne parle pas de votre activité ?

Nous rédigeons le dispositif LCB-FT sur la base de votre projet réel et nous l’alignons sur le programme d’activités, le plan d’affaires et l’organigramme que vous avez déjà déposés. Et si votre structure est encore petite, nous assumons le rôle de représentant auprès du SEPBLAC le temps qu’elle se développe.

LCB-FT dans le dossier d’agrément : questions fréquentes

Pourquoi me demande-t-on le manuel LCB-FT alors que je n’ai pas encore un seul client ?

Parce que l’agrément est accordé à une entité qui doit être en mesure de se conformer dès le premier jour d’activité, et non quand cela l’arrange. Le dispositif de prévention fait partie de l’organisation et des moyens que le superviseur apprécie avant de décider, au même titre que le capital ou l’honorabilité des dirigeants.

Vu ainsi, c’est logique : si la première opération peut arriver le lendemain de l’agrément, il ne peut y avoir de période pendant laquelle l’entité opère sans procédures, sans responsable désigné et sans critères d’acceptation des clients.

Un manuel type suffit-il ? Comment s’en aperçoit-on ?

Non, et cela se repère vite. Les signes sont toujours les mêmes : des chapitres sur des produits que votre agrément n’autorise pas, des références à des canaux ou à des succursales que vous n’avez pas, une auto-évaluation des risques qui ne mentionne pas votre marché cible, des procédures pensées pour un effectif bien plus important que le vôtre et des renvois à une réglementation qui ne correspond pas à votre secteur.

Le problème n’est pas seulement qu’on vous demande de le corriger : un manuel manifestement étranger au projet contamine la lecture du reste du dossier et multiplie les questions sur tout le reste.

Quels documents LCB-FT composent le dossier ?

En règle générale, le volet comprend : le manuel LCB-FT avec les politiques et procédures écrites ; l’auto-évaluation des risques de l’entité ; les procédures de vigilance — simplifiée, standard et renforcée — et d’identification du bénéficiaire effectif ; le traitement des personnes politiquement exposées ; la politique de conservation des documents ; la procédure de déclaration d’opérations suspectes et d’abstention ; la constitution de l’organe de contrôle interne et la désignation du représentant auprès du SEPBLAC ; le plan de formation du personnel ; et la prévision de l’examen annuel par un expert externe.

Le périmètre exact dépend de votre statut et de votre profil de risque, mais c’est la structure que l’on s’attend à trouver.

Puis-je désigner une personne externe comme représentant auprès du SEPBLAC ?

C’est une solution courante dans les petits projets, et en pratique elle fonctionne bien lorsque la personne désignée a des connaissances suffisantes, une réelle disponibilité et un accès effectif aux informations de l’entité. Ce qui ne fonctionne pas, c’est un nom inscrit pour remplir une case.

Gardez à l’esprit que la responsabilité de l’entité assujettie ne s’externalise pas : même si la fonction s’appuie sur un tiers, le dispositif reste le vôtre et votre organe d’administration continue d’en répondre. Nous l’expliquons dans représentant externe auprès du SEPBLAC.

Notre entrée en relation avec les clients sera entièrement digitale. Qu’est-ce qui change ?

Beaucoup de choses, et c’est l’un des points qui génèrent le plus de demandes d’informations. L’identification à distance par vidéo est régie par l’arrêté ETD/465/2021 du 6 mai, qui prévoit des modalités de vidéo en différé et de vidéo en direct, avec conservation des preuves et autorisation préalable de la procédure dans les termes fixés par la norme elle-même.

Dans le dossier, il faut décrire le parcours complet : ce qui est recueilli, comment cela est vérifié, ce qui est conservé, qui examine les cas douteux et quel prestataire intervient. Un manuel qui parle de signature en présentiel alors que votre produit est une application est la contradiction la plus visible que vous puissiez présenter.

Cela change-t-il beaucoup selon l’agrément demandé ?

La structure est commune — manuel, auto-évaluation, vigilance, gouvernance, formation, examen externe — mais l’accent change beaucoup. Un établissement de paiement se joue sur l’analyse de l’activité et la surveillance des transactions ; un projet de crypto-actifs, sur la traçabilité et le risque de contrepartie ; une entreprise d’investissement, sur l’origine des fonds et le bénéficiaire effectif des structures.

C’est pourquoi nous ne réutilisons pas les manuels d’un client à l’autre : la table des matières peut se ressembler, mais le contenu qui compte est précisément celui qui ne peut pas être copié.

Quand dois-je avoir tout cela prêt ?

Avant de déposer, et non après la première demande d’informations. Lorsque le volet LCB-FT arrive tard ou arrive faible, l’effet n’est pas seulement un retard : il oblige à refaire des pièces déjà déposées, car tout ajustement du manuel entraîne le programme d’activités, l’organigramme et les moyens déclarés.

Notre recommandation pratique est de le construire en parallèle du reste du dossier et non comme une annexe de dernière minute. Le document est meilleur, il est prêt plus tôt et vous évitez la série de questions la plus inconfortable de la procédure.

Le nouveau paquet européen LCB-FT affecte-t-il ce que je dépose aujourd’hui ?

Le paquet de l’Union — le règlement (UE) 2024/1624 (AMLR), la directive (UE) 2024/1640 (AMLD6) et le règlement (UE) 2024/1620, qui crée l’autorité européenne AMLA, établie à Francfort — s’applique de manière échelonnée et se trouve en phase de mise en œuvre.

Pour votre dossier, cela signifie deux choses : aujourd’hui, il se dépose conformément à la loi 10/2010 et à son règlement d’application, mais il convient de concevoir le dispositif en tenant compte de ce cadre, notamment pour la vigilance, le bénéficiaire effectif et la traçabilité de l’information. Un dispositif bien construit aujourd’hui s’adapte par petites retouches ; un dispositif bâclé doit être entièrement refait.

Et après l’agrément ?

Commence alors ce qui est réellement supervisé. Le manuel doit être maintenu à jour, l’auto-évaluation des risques est revue quand l’activité change, l’organe de contrôle interne doit se réunir et dresser procès-verbal, la formation est dispensée et attestée, et l’examen annuel par un expert externe produit des constats qu’il faut clôturer.

C’est exactement ce cycle que nous traitons dans plan de remédiation LCB-FT. Et si une action de supervision survient un jour, ce qui sera examiné n’est pas le manuel que vous avez déposé, mais les preuves que vous avez produites depuis.

Comment se construit le volet LCB-FT du dossier

Même ordre pour tous les agréments : on définit d’abord le périmètre, on écrit ensuite le dispositif et on ne rédige le manuel qu’à la fin. Faire l’inverse produit des documents génériques.

Phase 1

Périmètre et risque

Qualification dans le catalogue des entités assujetties de l’article 2 de la loi 10/2010, définition des produits, des canaux, des types de clients et des juridictions, et auto-évaluation des risques propre. Tout le reste en découle.

Phase 2

Dispositif et gouvernance

Procédures de vigilance, bénéficiaire effectif, personnes politiquement exposées, alertes, déclaration et conservation ; organe de contrôle interne, représentant auprès du SEPBLAC, formation et outils. Et c’est alors seulement que vient le manuel.

Phase 3

Cohérence et dépôt

Recoupement avec le programme d’activités, le plan d’affaires et l’organigramme, réponse aux demandes d’informations et mise en service effective du dispositif pour le jour où arrivera le premier client.

Le volet LCB-FT de votre dossier, en 10 étapes

  1. Qualification d’entité assujettie : déterminer sous quel point de l’article 2 de la loi 10/2010 entre votre activité et quelles obligations s’appliquent à vous du fait de votre statut.
  2. Cartographie de l’activité : produits, canaux d’acquisition, types de clients, juridictions et volumes prévus. C’est la matière première de tout le reste.
  3. Auto-évaluation des risques : analyse propre du risque de l’entité, documentée et approuvée, avec les mesures qui découlent de chaque facteur identifié.
  4. Politique d’acceptation des clients : qui oui, qui non et à quelles conditions renforcées. Elle inclut le traitement des personnes politiquement exposées.
  5. Procédures de vigilance : identification, bénéficiaire effectif, objet de la relation, suivi continu et mesures simplifiées ou renforcées selon le cas.
  6. Onboarding et canal : s’il est à distance, décrire le parcours conformément à l’arrêté ETD/465/2021 : modalité, preuves conservées et examen des cas douteux.
  7. Gouvernance : constitution de l’organe de contrôle interne, désignation du représentant auprès du SEPBLAC et répartition des fonctions par écrit.
  8. Détection et déclaration : règles d’alerte, analyse, décision d’abstention et procédure de déclaration d’opérations suspectes et de déclaration systématique au SEPBLAC.
  9. Formation et contrôle externe : plan annuel de formation du personnel et prévision de l’examen annuel par un expert externe dès le démarrage de l’activité.
  10. Manuel et recoupement final : rédaction du manuel avec tout ce qui précède, puis recoupement avec le programme d’activités, le plan d’affaires et l’organigramme.

Si vous hésitez encore sur le statut, consultez l’agrément ESI, la licence d’établissement de paiement, la licence d’établissement de monnaie électronique ou l’enregistrement et l’agrément sous MiCA.

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Les 10 éléments d’un dispositif de prévention défendable devant le SEPBLAC, avec la preuve documentaire à pouvoir présenter pour chacun. Utile comme autodiagnostic avant l’arrivée de l’inspection.

  • Les 10 éléments, du périmètre à la conservation
  • Les preuves documentaires demandées pour chacun
  • 5 symptômes montrant que le dispositif ne résisterait pas à un contrôle
  • PDF professionnel · 5 pages · 11 Ko

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Dictionnaire opérationnel

Les neuf notions de ce volet

Ce sont les termes que vous lirez dans la demande d’informations du superviseur. Si votre manuel les emploie avec précision, la moitié de la conversation est gagnée.

Entité assujettiePérimètre

Qui doit se conformer

Personne ou entité incluse dans le catalogue de l’article 2 de la loi 10/2010. La plupart des agréments financiers vous y placent dès le premier jour.

Votre statut détermine l’étendue du dispositif.
Auto-évaluationRisque

Analyse des risques de l’entité

Document dans lequel l’entité identifie et évalue son exposition par client, produit, canal et zone géographique, et décide des mesures qu’elle applique en conséquence.

Sans elle, le manuel n’a pas de fondement.
Manuel LCB-FTDocument

Politiques et procédures écrites

Le document qui organise tout le dispositif : critères d’acceptation, vigilance, détection, déclaration, conservation, formation et contrôle.

Il s’écrit à la fin, jamais au début.
VigilanceClient

Simplifiée, standard et renforcée

Ensemble de mesures de connaissance du client modulées selon le risque : identification, objet de la relation et suivi continu.

Le niveau se justifie ; il ne se choisit pas par commodité.
Bénéficiaire effectifStructure

Qui se trouve réellement derrière

Personne physique qui contrôle en dernier ressort le client. Son identification est l’un des points qui génèrent le plus de demandes d’informations dans les structures sociétaires.

Il existe un registre central créé par le RD 609/2023.
OCIGouvernance

Organe de contrôle interne

Organe collégial chargé d’approuver et de superviser le dispositif de prévention, avec des fonctions, une composition et un fonctionnement définis.

Ses procès-verbaux prouvent son existence.
ReprésentantInterlocuteur

Représentant auprès du SEPBLAC

Personne désignée comme interlocuteur de l’entité auprès du Service exécutif, chargée de relayer les communications et les demandes d’informations.

Sa désignation fait partie du dossier.
VidéoOnboarding

Identification à distance

Méthode d’identification à distance régie par l’arrêté ETD/465/2021, avec des modalités de vidéo en différé et en direct et conservation des preuves.

La procédure requiert une autorisation préalable.
Expert externeContrôle

Examen annuel indépendant

Revue externe du dispositif de prévention, avec rapport et constats. Elle est prévue dès le dossier, même si elle est réalisée lorsque l’entité est déjà opérationnelle.

Ses réserves déterminent votre plan de correction.
Playbook du dossier

Ce que le superviseur s’attend à voir avant d’autoriser

Élément du dispositif
Ce qui est attendu
Document justificatif

Qualification et périmètre

Que l’entité sache précisément pourquoi elle est une entité assujettie et quelles obligations s’appliquent à elle du fait de son statut et de son activité prévue.

Mémoire de qualification réglementaire renvoyant à l’article 2 de la loi 10/2010 et description des services cohérente avec le programme d’activités.

Risque et politiques

Auto-évaluation des risques propre, dont les conclusions se reflètent dans la politique d’acceptation des clients et dans le niveau de vigilance applicable.

Auto-évaluation datée et approuvée, politique d’acceptation et manuel LCB-FT avec gestion des versions.

Onboarding et vigilance

Procédures exécutables pour identifier le client et le bénéficiaire effectif par le canal que l’entité utilisera réellement.

Parcours d’entrée en relation documenté, formulaires et déclarations types, description de la méthode d’identification et contrats avec les prestataires technologiques.

Gouvernance

Organe de contrôle interne constitué et représentant auprès du SEPBLAC désigné, avec un profil, des fonctions et une disponibilité justifiables.

Décisions de constitution et de désignation, CV, description des fonctions et organigramme situant la fonction de conformité.

Formation et contrôle externe

Plan de formation du personnel dès le démarrage et prévision de l’examen annuel par un expert externe dans le calendrier de conformité.

Plan annuel de formation avec contenus et destinataires, et prévision documentée de l’examen externe et de son suivi.

Signes que votre manuel ne passera pas le filtre

Cinq éléments qu’un examinateur expérimenté repère dans les premières minutes de lecture.

  • Le manuel décrit des produits ou services que votre agrément ne couvre pas, ou qui ne figurent pas dans votre programme d’activités.
  • L’auto-évaluation des risques ne mentionne aucune des juridictions ni aucun des types de clients de votre plan d’affaires.
  • La procédure d’entrée en relation parle d’identification en présentiel alors que votre produit est une application mobile.
  • Le représentant auprès du SEPBLAC est un associé sans temps dédié et sans formation justifiable en la matière.
  • L’organigramme déclaré n’affecte personne à la fonction de conformité, ni en interne ni en externe.

Le même volet, quatre dossiers différents

Le dispositif LCB-FT se construit de la même manière pour tous les agréments, mais son poids varie selon le statut : où se situe votre risque, quel canal vous utilisez et quel type de clientèle vous aurez. Voici les agréments pour lesquels nous montons le plus souvent ce volet de zéro.

Si vous voulez d’abord comprendre le cadre, commencez par la lutte contre le blanchiment de capitaux et par les entités assujetties. Si vous savez déjà ce qu’il vous faut, allez directement au manuel LCB-FT ou à nos services LCB-FT. Et si le dispositif existe déjà mais a été révisé avec des réserves, consultez le plan de remédiation.

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Dites-nous quel statut vous instruisez — EAF, établissement de paiement, établissement de monnaie électronique, CASP, société de gestion — et où en est le dossier. Nous examinons ce qui manque dans le volet LCB-FT et dans quel ordre le construire.

Dernière mise à jour : 4 août 2026

Le volet LCB-FT d’un dossier d’agrément : ce qui se dépose et comment

Presque tous les agréments financiers font du demandeur une entité assujettie à la loi 10/2010 du 28 avril et à son règlement d’application, le RD 304/2014. C’est pourquoi le superviseur n’attend pas que l’entité soit opérationnelle pour l’interroger sur la lutte contre le blanchiment : il exige le dispositif complet dans le dossier d’agrément, avec le programme d’activités, l’honorabilité des dirigeants et la justification des moyens. Cette page s’adresse au projet qui découvre cette exigence en cours de route et doit construire tout le volet sans ralentir le reste de la procédure.

Pourquoi le dispositif se dépose avant et non après

La logique du superviseur est simple : l’agrément est accordé à une entité capable de se conformer dès le premier jour d’activité. Il n’existe aucune période pendant laquelle on pourrait opérer sans critères d’acceptation des clients, sans procédures d’identification et sans responsable désigné, car le premier client peut arriver le lendemain de l’agrément. C’est pourquoi le volet LCB-FT est examiné comme une partie de l’organisation et des moyens, sur le même plan que le capital ou l’honorabilité des administrateurs. Cela a une conséquence pratique qu’il vaut mieux intégrer tôt : le dispositif de prévention n’est pas une annexe rédigée quand le reste du dossier est bouclé, mais une pièce qui conditionne les autres. Si le manuel décrit une équipe de conformité que l’organigramme ne prévoit pas, ou un canal d’entrée en relation que le programme d’activités ne mentionne pas, la demande d’informations ne porte pas sur le manuel : elle porte sur l’ensemble et oblige à refaire des documents que vous pensiez acquis.

Ce que comprend le dispositif et dans quel ordre il se construit

Le contenu varie selon le statut, mais la structure est stable : qualification d’entité assujettie dans le catalogue de l’article 2 de la loi 10/2010 ; auto-évaluation des risques de l’entité ; politique d’acceptation des clients ; procédures de vigilance simplifiée, standard et renforcée ; identification du bénéficiaire effectif ; traitement des personnes politiquement exposées ; conservation des documents ; détection, analyse et déclaration d’opérations suspectes au SEPBLAC, ainsi que déclaration systématique ; obligation d’abstention le cas échéant ; organe de contrôle interne ; représentant auprès du SEPBLAC ; formation annuelle du personnel ; et examen annuel par un expert externe. L’ordre compte autant que le contenu : on définit d’abord le périmètre et le risque, puis l’activité et la gouvernance, et on ne rédige qu’à la fin le manuel, qui n’est que la mise par écrit de tout ce qui précède. Faire l’inverse — commencer par le manuel — est exactement ce qui produit des documents qui ne décrivent personne.

Le manuel générique, et pourquoi il se repère en deux pages

Presque tous les porteurs de projet ont vu circuler un manuel LCB-FT en PDF, et la tentation de l’adapter est grande. Le problème est qu’un examinateur expérimenté l’identifie immédiatement, et pas à cause du format : à cause des incohérences internes. Des chapitres sur des produits que l’agrément demandé n’autorise pas, des références à des agences ou à un réseau d’agents dans un projet purement digital, une matrice de risque qui ne mentionne pas les marchés du plan d’affaires, des procédures dimensionnées pour un effectif qui n’existe pas, des renvois à une réglementation sectorielle étrangère. Chacun de ces signaux suscite des questions, et ces questions s’accumulent sur le reste du dossier. L’alternative n’est pas d’écrire plus de pages, mais d’écrire celles qui conviennent : un manuel proportionné à la taille réelle du projet, qui décrit ce que l’équipe peut exécuter et qui emploie le même vocabulaire que le reste de la documentation déposée. La proportionnalité, bien argumentée, se défend sans difficulté ; la copie, non.

Après l’agrément : maintenir vivant ce que vous avez déposé

Le volet LCB-FT ne s’arrête pas à l’agrément : c’est à partir de là que commence ce qui est réellement supervisé. Le manuel est mis à jour quand l’activité change, l’auto-évaluation des risques est revue, l’organe de contrôle interne se réunit et dresse procès-verbal, la formation est dispensée et attestée, les alertes sont analysées et les déclarations partent quand elles doivent partir. L’examen annuel par un expert externe produit des constats, et ces constats doivent être clôturés avec des preuves dans le cadre d’un plan de remédiation. Il convient aussi de suivre de près le paquet européen de prévention — le règlement (UE) 2024/1624, la directive (UE) 2024/1640 et le règlement (UE) 2024/1620, qui crée l’autorité AMLA —, dont l’application est échelonnée et en phase de mise en œuvre : un dispositif bien construit aujourd’hui s’adapte par petites retouches, alors qu’un dispositif improvisé pour s’en sortir devra être entièrement refait. Et si une action de supervision survient un jour, ce qui est examiné n’est pas le manuel que vous avez déposé, mais les preuves que vous avez produites au fil du temps.

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. La réglementation citée peut avoir été modifiée après la date de mise à jour indiquée : vérifiez toujours la version en vigueur ou consultez-nous pour analyser votre cas concret.

Loi 10/2010 RD 304/2014 Article 2 SEPBLAC Arrêté ETD/465/2021 AMLR Agrément